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Interviews

Samedi 29 avril 2006

Tout d'abord, je te remercie d'avoir pris de ton temps pour répondre à cette interview.

-Marâa : Pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Meissoun : Je vis à Zurich (Suisse) et j'ai commencé la danse orientale en 1990.  Après env. 4 ans j'ai commencé à danser dans les restaurants, aux  mariages et autres fêtes. Pendant longtemps j'ai refusé d'enseigner. Je  ne me voyais pas comme prof de danse et j'avais toujours l'impression  que je ne pourrais jamais donner des cours aussi bien que mes profs  (les plus importantes étant Layali et Azaria).
Pourtant, après 9 - 10 ans j'étais arrivée à un point où je me disais: j’ai appris tant de choses dans mes classes et pendant une centaine  de stages, il est temps d'en faire quelque chose.
Au même temps une copine était en train d'installer son école de  danse. Je lui proposais donc de donner des stages chez elle. Et à ma  surprise j'ai découvert que j'aimais enseigner et c'est quelque chose que je fais bien.
Pour faire connaître mon nom j'ai donc commencé à fréquenter des  festivals en Europe - et entre temps j'ai même donné des stages aussi loin que la Californie et Hawai'i.

-Marâa : Tu voyages assez fréquemment pour enseigner et danser ; quel serait ton meilleur souvenir sit tu ne devais en retenir qu'un seul ?

Meissoun :  C'est difficile de choisir une seule place - j'adore en général que la profession de danseuse me permet d'aller à des endroits si divers, et souvent des places où je n'aurais jamais pensé que j'y irais un jour.
Une occasion très spéciale était certainement le spectacle de l'IAMED  (Int. Academy of Middle Eastern Dance) à Hollywood en août 2005 où  j'ai dansé dans un amphithéâtre en plein air en face de 1200  spectateurs.
Mais c'est aussi toujours très satisfaisant de voir à la fin d'un stage comment la classe a appris à danser une nouvelle chorégraphie ou même un nouveau style.

 -Marâa : Dis nous Meissoun, comment t'es-tu tournée vers les danses indiennes ? Quel a été le déclic ?

Meissoun :  J'avais déjà vu des spectacles de Bharata Natyam (danse classique de  l'Inde de Sud) en Suisse et aussi pendant un voyage en Inde. Mais je  pensais que c'était trop difficile pour moi - et il manquait aussi la possibilité de l'apprendre. Puis j'ai vu un jour une annonce qu'il  y avait un nouveau cours de Bharata Natyam à Zurich, donc je me suis  dit, il faut l'essayer! Et j'ai beaucoup aimé ce style si différent,  donc j'ai continué.
A peux près pendant ce temps un copain pakistanais m'a prêté une vidéo  avec des danses des films indiens (Bollywood) et j'ai dit  immédiatement: "Je veux danser comme ça!" J'ai regardé la vidéo une  douzaine de fois et fait des notes. Puis j'ai acheté de la musique  pendant mon prochain voyage en Inde et j'ai commencé à chorégraphier en combinant mes notes et mes connaissances de danse classique.
La prochaine danse que je voulais apprendre était le Bhangra (danse  folklorique du Punjab). Mais il n'y avait personne pour l'enseigner.  Finalement j'ai trouvé un prof sur Internet en Suède! Il est venu me  voir et aussi donner des stages ici.

 -Marâa : La danse orientale suscite de nombreux débats, parmi ceux-ci, la mise en place d'un diplôme pour enseigner la danse orientale. Qu'en penses-tu ?

Meissoun :  Ces diplômes existent depuis env. 10 ans déjà en Suisse. Je dirais que "si ça ne fait pas de bien, ça fait pas de mal".
C'est certainement bien de voir qu'une danseuse est assez sérieuse  qu'elle se donne vraiment la peine de prendre un cours pour enseigner.
Bien sûr un diplôme ne garanti pas que la prof est une bonne danseuse - mais au moins elle a une formation et des connaissances théoriques et ne va pas enseigner n'importe quoi.

 -Marâa : Que penses-tu de l'arrivée en Europe des styles fusion et tribale ainsi que de l'accueil des danseuses orientales à ce sujet ?

Meissoun : J'ai fondé mon groupe de Tribal Style avec une copine il y a 6 ans  déjà et en ce moment nous sommes 4 danseuses dans ce groupe. Ca n'est donc rien de nouveau pour moi :-)
Ce qui me donne un peu de soucis c'est que beaucoup de danseuses pensent qu'il suffit de changer de costume et voilà, c'est du Tribal!  Mais c'est un style différent avec des mouvements particuliers. Et l'aspect le plus important pour moi est l'improvisation en groupe. Ceci ne s'apprend pas comme une chorégraphie dans un week-end. C'est du travail!

J'ai aussi remarqué le phénomène Rachel Brice. Soudainement tout le monde veut danser comme elle. Mais on oublie que Rachel a travaillé très durement pour avoir son style de Tribal Fusion et la plupart des danseuses n'a ni la flexibilité ni les muscles qu'il faut pour ce style.

On verra après quelques années les danseuses qui suivent simplement une mode (et qui vont quitter et suivre la prochaine mode...) et celles qui sont vraiment dédiées aux styles Tribal et Fusion. 

 -Marâa : Tu vas sortir dans quelques temps des DVD de Bollywood Dance. Pourrais-tu nous parler un peu de cette danse ?

Meissoun :Bollywood, c'est l'industrie des films en Hindi qui produit des  centaines de films chaque année. En Inde, il y a une tradition de  plus de 2000 ans de raconter des histoires avec un mélange de  théâtre, musique, chanson et danse.  Cette tradition est continuée  dans les films. Dans un film il y a typiquement entre 3 et 8 "songs"  des styles différents: chansons d'amour, de mariage, religieuses -  mais aussi dans les styles classiques, disco, folklore etc.
Le but de ces chansons et danses est d'entretenir, on choisi donc des  costumes flamboyants, des locations quelque fois exotiques (comme la  Suisse...) et un grand nombre de danseurs pour en faire un vrai spectacle.
La Bollywood Dance n'est pas UN style mais un mélange de styles - il  faut donc avoir des connaissances de divers danses indiennes et occidentales et aussi savoir quant il faut choisir quels éléments. Et finalement il faut comprendre le texte de la chanson pour faire l'interprétation correcte avec les gestes et les pas de danse.

Dans mes DVDs je vais enseigner des chorégraphies dans des styles divers pour donner une impression de la diversité des danses de Bollywood. La première chanson que j'ai chorégraphiée a des fortes influences de Bhangra. Elle va sortir en été. 

 -Marâa : Pourrais-tu nous dire, comme beaucoup de nos lectrices sont belges et françaises, s'il existe une particularité, des différences de mentalités dans le milieu de la danse orientale suisse ?

Meissoun : Bon, je ne connais pas grand chose aux scènes de danse orientale en  France et en Belgique, c'est donc difficile de faire une comparaison.

En général je dirais qu'en Suisse allemande (c'est la région que je  connais le mieux) nous avons une grande solidarité entre les  danseuses. Il y en a beaucoup qui travaillent ensemble pour organiser des spectacles ou autres événements car elles savent que tout le  monde ne peut qu’en profiter si on joint les forces.

-Marâa : Pour clôturer en beauté cet entretien, peux-tu nous parler de tes projets ?

Meissoun :Je vais voyager un peu :-) Cet été je donnerais un stage de Bollywood  Dance à Lyon et j'aimerais bien aller à des autres endroits en France  pour enseigner et danser.
Je vais aussi voyager à Istanbul, Beyrouth (si la situation politique  le permet) et à Bombay.
Puis je veux produire mon deuxième DVD sur le style de danse libanais  parce que le premier a été si bien reçu. (N.B. Tout mes DVDs sont  aussi en Français!)
Et l'année prochaine je retournerais aux Etats Unis pour des stages et  spectacles. 

 -Marâa : As-tu un dernier avis à donner,un dernier commentaire à faire ?

 Meissoun : N'arrêtez jamais d'apprendre, de poser des questions! Il y a tant à  savoir!

 -Marâa : Encore un tout grand merci Meissoun pour ta participation et ta gentillesse.

C'est mon plaisir :-)

Par Marâa
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Mercredi 16 août 2006
(Traduction par Marâa)

0.Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut ! Je suis Artémisia. Je suis professeur de danse orientale, danseuse, et également le directeur artistique et le chorégraphe principal de la troupe de danse (e)motion.
En tant que artiste soloiste je danse lors de soirées privées, d’évènements
de danse orientale en Belgique et aussi à l’étranger (la plupart du temps en
Allemagne et en Angleterre). Je vis à Leuven (Belgique) et donne des cours
quotidien et des stages là-bas, mais je commence aussi à enseigner des
stages ailleurs, ce qui est un grand défi.

Je danse et enseigne la danse orientale classique égyptienne et la danse
orientale fusion et je suis aussi très intéressée dans le style cabaret
américain, spécialement la travail du voile. Dans ma troupe il y a aussi
quelques filles qui danse l’ATS (American Tribal Style) et la danse tribal
fusion.

J’ai commencé la danse orientale quand j’étais une jeune adolescente, j’ai
prit des cours et des stages avec des danseuseses en Belgique et à l’étranger
depuis près de 15 ans maintenant, cherchant toujours pour de nouvelles
sources d’inspiration pour ma propre interprétation de cet art de la danse.


1-Tu diriges la troupe (e)motion depuis janvier 2005, quelle expérience tu
en retires ?

Hé bien, c’est beaucoup de travail ! Mais c’est aussi très gratifiant d’être
capable de travailler avec plus d’étudiants avancés qui sont presque
professionnels eux-mêmes. Ne me comprenez pas mal, j’aime enseigner des
cours débutants, mais c’est aussi très chouette d’être capable de travailler
sur des choses plus en profondeur.
J’ai aussi réalisé que j’aime beaucoup chorégraphier !
Nous essayons de faire des shows avec le plus de variations possibles, et de
ne pas nous limiter à un seul style de danse orientale. Notre répertoire va
des interprétations des classiques, en passant par le dernier pop égyptien
moderne , jusqu’au nouveau style de danse orientale tribal.
Ca doit être comme ca pour un groupe, parce que pour les individus Je pense
que c’est bon de se spécialiser un peu. Tu ne peux pas travailler sur tout
en même temps. Mais je veux faire de la place pour des gens fesant des
choses différentes. Cela me rends souvent plus comme un coach que comme
professeur. Un des défis a été de combiner une image de groupe claire et un
show quelque peu rationnel, mais permet encore la diversité dans les
danseuses et la danse.

 2-Il y a aussi le duo de tribal-fusion Indumati, quelle est la réaction du publique ? Penses-tu que les gens sont prêts pour cela ? (Ce que je veux dire c’est les gens hors circuit de la danse orientale)


Oh, le public l’aime ! Pendant un show plus long, avec des numéros
orientaux, ça donne une belle variété et les gens sont toujours surpris et
positivement intrigué. Les danseuses tribal reçoivent beaucoup de compliments
sur leur costumes et aussi leur maquillage, lequel intrigue les gens. Et
spécialement la technique du tribal fusion qui est différente, et le public
remarque cela. J’ai trouvé que le public général est parfois plus ouvert
pour ces choses que les autres danseuses orientales, bien que je pense que
c’est important que nous éduquions notre public que ces styles tribaux ne
sont pas du raqs sharki comme c’est connu au Moyen-Orient, et que nous
l’étiquettons clairement comme différent !

3-Il y a quelques semaines, Farah organisait un festival de danse orientale à Bruxelles, avec un concours de danse. A Paris, il y a le concours de l’ « Open de danse orientale » chaque année et il y en a beaucoup aux Etats-Unis. Que penses-tu des concours ?

Je ne suis pas sûre. Je n’ai jamais prit part à un concours ! Beaucoup de
professeurs américains avec lesquels j’ai pris des cours m’ont dis qu’ils
ont trouvé que c’est un bon moyen de se dépasser, bouger leur culs et faire
le pas supplémentaire, de devenir de meilleurs danseurs, donc je suppose que
c’est une bonne chose pour ça. Parfois je suis un peu surprise de voir qui
fait partie du jury, et biensûr, comme dans toutes les formes d’art, ces
choses sont toujours très subjectives je pense.

4-Penses-tu qu’il y a une danse orientale “belge”, un trait spécifique des danseurs-euses orientales en Belgique ?

Non, pas vraiment. Je pense qu’il y a beaucoup de diversité, ce qui est une
bonne chose.Et je suis heureuse de voir la scène s’ouvrir, avec des gens
s’intéressant à ce que les autres danseuses (et danseurs) font et à ce qui se passe dans
d’autres pays. Pour moi-même –et c’est typique de la Belgique j’en ai peur-
Je suis désolée que je sache mieux ce qui se passe en danse orientale à
Londres qu’en Wallonie. Mais l’internet améliore ça !

5-
Dans ton apprentissage de la danse orientale, y a-t-il eu un professeur, un stage ou même une rencontre qui t’ai marqué et aidé à te perfectionner ?


C’est une question facile ! Mon héros numéro un absolut en danse orientale
est Aziza (Montreal/Portland).( www.azizashimmy.com). J’ai pris une semaine
de stages avec elle au festival de Leyla Jouvana à Duisburg l’année passée,
et je vais certainement y retourner cette année. C’est une danseuse
fantastique, superbe techniquement, le meilleur travail des bras et du voile
que j’ai jamais vu, des isolations étonnantes, et avec beaucoup de « fun »
dans sa danse, ce que je trouve important. Et c’est une personne agréable !
Elle donne beaucoup en tant que professeur, et m’a vraiment aidé pour
devenir une meilleur danseuse. Si vous voulez la voir danser, vous devriez
acheter un de ses DVD’s !

6-Quels sont tes projets pour le futur ?

Comme je l’ai dis, j’aimerais continuer sur le chemin de l’enseignement et
du spectacle à l’étranger, commençant avec quelques uns des petits festivals
européens. J’envisage aussi de continuer avec la troupe et de continuer à
améliorer ce que nous faisons ! L’année passée j’ai commencé à coacher et
entraîner quelques danseuses avancées à enseigner aux débutants, et j’aimerais
formaliser cela un peu et continuer en ce sens, comme ça notre école peut
grandir.
Comme professeur j’ai aussi un nouveau défi : cet automne je démarre un
cours avancé pour « aspirants soloistes », où je vais aider les élèves à
travailler sur leur propre matériel solo.

7-Veux-tu rajouter quelque chose, un commentaire ?

Oui Marâa, il n’y a pas de questions sur les costumes ici….et j’aime les
brillants/paillettes !

Un grand merci à toi Artemisia !

Par Marâa
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Mercredi 2 mai 2007

-Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

D’origine allemande je suis venue en 1999 en Belgique pour lancer un projet européen en tant que « business development manager ».

Il faut savoir que j’ai suivis des formations en médecine et en biotechnologie et que je suis diplômée comme ingénieur civile en biotechnologie.

Malheureusement les choses ne se sont pas développées comme souhaité et je ne suis jamais retrouvée devant la décision de m’organiser de nouveau. La culture, l’art, la danse et le sport étaient toujours mes intérêts favoris à côté de ma profession.

Donc j’ai suivis des formations diverses : professeur de danse créative et expressive, animatrice de sport et loisir, professeur de danse orientale, ainsi des études en l’histoire et les rudiments de la danse.

J’ai finalement décidé en Octobre 2002, à l'âge de 42 ans, de faire mon chemin avec la danse orientale et de fonder l’asbl ICODAC, International Center of Oriental Dance Art & Culture.

-Comment s'est passée votre rencontre avec la danse orientale ?

J’ai découvert mon amour pour la culture égyptienne pendant mes séjours comme monitrice de la plongée sous-marine à la mer rouge.

Ma première visite de l’Egypte était en 1982 à Hurghada, il n’y avait pas des vols directs, tous les vols étaient avec une escale au Caire et on devait prendre le bus ou un autre avion le lendemain.

Etape par étape j'ai découvert les trésors sous-marins, je me dirigeais de plus en plus vers les trésors culturels de l’Egypte et je suis tombée amoureuse d’eux.

Ma passion a commencé de grandir et de se développer et j’ai visité l’Egypte pendant des années régulièrement plusieurs fois, ici j’ai aussi fait la rencontre de familles égyptiens et leur vie quotidienne, et surtout de la danse égyptienne.

Ca a duré plus que 5 ans avant que je ne trouve un stage de danse orientale organisé par l’institut de sport à Frankfort.

Le professeur était une kinésithérapeute et j’ai suivis pendant 4-5 ans des cours de danse orientale avec elle. Grâce à elle en combinaison avec mes études en médecine, je possède aujourd’hui un savoir profond de la biomécanique en danse et de l’anatomie pour une danseuse - important pour un professeur de danse.

Après quelques années à regarder à droite et à gauche en danse orientale, je me suis retrouvée à la recherche de l’origine et des racines de cet ancien art. C’est le début des études et formations avec des professeurs égyptiens et avec des danseuses du Caire.

Heureusement en Allemagne on a de la chance, la danse orientale en Allemagne était et est encore plus développée qu'en Belgique.

Je pouvais suivre en Allemagne des formations et des stages avec les meilleurs des maîtres professeurs, comme Prof Dr Hassan Khalil, Mahmoud Reda , Raqia Hassan, Madame Reyhan, Nelly Mazloum Momo Kadous, Dr. Mo Gedawwi, Laurel Victoria Gray, et d’autres en plus. Et jusqu’aujourd’hui je n’arrête pas la recherche. Grâce à Prof Dr Hassan Khalil, Academie des Arts du Caire,l’institut supérieure pour le drame, théâtre et folklore, je suis profondément avancée avec mes recherches, spécialement dans les aspects culturels en danse orientale et le folklore égyptienne, ainsi que pour le folklore du moyen-orient, notamment les pays du golfe.

-Le Nile groupe festival au Caire, Ya salam festival, le congrès de danse orientale,....vous n'arrêtez pas ! Comment faites-vous pour jongler avec tous ces projets ?

Oui, bonne question,que je me demande quelque fois aussi. Mais je pense que mes formations et mes études professionnels comme Project manager dans le «business developpement » et « l’event management » m'aident beaucoup, ainsi que quelques bonnes amies autour de moi. Mais honnêtement quelquefois la journée devrait avoir plus que 24 heures, parce que j’ai aussi une vie privée.

-Vous dirigez votre propre troupe "Nour El Amar".Parlez nous un peu de votre travail avec elle.

La Cie de danse orientale «  Nour el Amar » est née de la première formation continue avec Prof Dr Hassan Khalil du Caire à Bruxelles «Devenir Professeur Danseuse Orientale » en 2004-2005. Avec le répertoire des chorégraphies du Prof Dr Hassan Khalil (notre consultant artistique et notre chorégraphe) en folklore et danse orientale égyptienne, classique et moderne on pouvait montrer beaucoup de facettes de la danse orientale égyptienne, de la Nubie jusqu'au delta du Nil et du désert jusque la mer rouge.

Le but de la Cie est de conserver et protéger cette ancienne art de danse et de montrer notre travail et passion au grand public.

Les membres de la Cie changent de temps à temps, mais c’est normal et nous sommes toujours ouvert pour des nouvelles danseuses ambitieuses et motivées. Mais il faut aussi dire que c’est vraiment un travail sérieux et régulier, ainsi il demande de la discipline et de la solidarité pour apprendre toutes les chorégraphies; en moyenne il y a 10 - 20 chorégraphies à connaître. D’être membre d’une Compagnie de danse, ce n’est pas la même chose que d’être dans un groupe d'élèves.

Heureusement nous avons aujourd’hui de plus en plus des engagements professionnels par ex. des spectacles pour des entreprises, des productions théâtrales, des événements culturels, nous sommes également en préparation pour une nouvelle production sur scène.

Un des plus grands souvenirs était notre présentation des danses égyptiennes pour l’ouverture et la fermeture du congrès mondial de la recherche de la danse, organisé par le conseil international de la danse le CID-UNESCO en 2005 à Chypre.

-Quel est votre meilleur souvenir en tant que danseuse et en tant que professeur ?

Comme danseuse, il y a 2 souvenirs : un à l’époque d'il y a environ 5 ans : j’ai dansé quelques années pour Noël et le Nouvel An avec ma collègue Mayyadah de Pforzheim/Allemagne dans quelques hôtels à Hurghada. Un jour on m’a demandé de danser pour un mariage égyptien, quel aventure - moi une danseuse n'étant pas d’origine arabe, danserais pour un mariage à Hurghada. Il faut connaître un peu la culture des mariages arabe, ce sont toujours des grandes fêtes avec des centaines d'invités, dépendant de la grandeur des familles et de la situation financière. Ici on avait environ 400 personnes et la fête était en plein air, sous les étoiles du ciel égyptien et seulement trois pas à coté de la mer rouge. Moi j’étais très nerveuse aussi parce que les conditions techniques n’étaient pas les mêmes comme chez nous en Europe.

Mais après les premieres notes de musique, le public a chanté et frappé des mains, a dansé autour et avec moi, et je ne me suis plus sentie comme une étrangère, j’étais devenue l'une d’eux – une expérience inoubliable.

L’autre souvenir était il y a quelques mois, pendant le festival  "Cairo by Nights " à Stockholm en Novembre 2007, ou j’ai dansé sur une chorégraphie du Prof Dr Hassan Khalil «  L’ ESPRIT d’ ISIS », qui représente 3 époques d’Egypte, le temps pharaonique, l’Egypte moderne et l’Egypte populaire - folklorique. Prof Khalil avait dirigé la veille du spectacle une conférence avec le thème : l’origine de la danse orientale. Après ma présentation plusieurs spectateurs sont venus nous chercher pour nous féliciter en disant qu’on a compris maintenant vraiment plus profondément le sens de sa conférence et que moi, j’ai représenté surtout l’Egypte, je suis devenue une ambassadrice pour la culture égyptienne – quel honneur.

Comme professeur, surtout l’invitation d’enseigner aux Festivals « Nilegroup « au Caire et devenir membre de l’équipe des enseignants officiels de ces événements qui se déroulent pendant une semaine 3 fois par an : en avril, en juin et en novembre. (plus d’info sur www.nilegroup.net)

C’est un grand honneur pour moi d’être parmis les grands maîtres professeurs et danseuses comme Prof Dr Hassan Khalil, Mahmoud Reda, Farida Fahmy, Hassan Afifi, Aida Nour, Madame Nevien, Freiz, Lucy et d’autres en plus comme professeur de danse orientale pendant ces festivals et je dois dire franchement que je suis aussi un peu fière d’enseigner cet art dans son pays d’origine et d’être reconnue et acceptée comme une des peu de professeurs non égyptien là-bas.

-Pensez-vous que l'image de la danse orientale s'améliore aux yeux du public ?

On est sur le chemin, mais c’est un long chemin. Depuis l’époque de Napoléon la danse égyptienne porte le nom « danse du ventre », parce qu’on ne connaissait pas l’arabe. Le mot en arabe c’est Raqs sharqui, ca va dire danse de l’est, danse de l’orient, danse orientale. Dans beaucoup d’autre style de danses on utilise aussi des mouvements des hanches et du bassin , ou on danse aussi avec le ventre nu, mais on ne les appelle pas « danse du ventre ».L’image d’aujourd’hui autour de la danse orientale c’est vraiment une longue histoire, qui commence avec Napoléon, passe par le cinéma hollywoodien, jusqu'aux cabarets et aux hôtels touristiques et les restaurants orientaux d’aujourd’hui.

La plupart des gens regardent la danse orientale comme » Entertainement « , mais pas comme une forme de l’art.

Les danseuses sont souvent mal vue et ne sont pas encore assez reconnues comme artistes. Je n’aimerais pas dire que je suis contre le style cabaret en danse orientale, c’est une facette de cette danse. Dans l’age d’or du cinéma et des comédies musicales égyptiennes, c’est le style cabaret qui nous donne des meilleurs souvenirs de la danse orientale avec des grandes danseuses comme Samia Gamal, Tahia Karioka, Naima Akeef et d’autres en plus, mais elles étaient surtout des artistes polyvalentes et leurs spectacles avaient lieu plutôt dans une sorte de Casino, comme le Lido – On sortait pour les voir. Mais malheureusement cette époque n’existe plus.

Heureusement l’image commence à changer.

Et ce sont plutôt les danseuses européennes qui redonnent à la danse orientale de plus en plus l’image et la valeur qu’il lui faut. Spécialement en l’Allemagne et en Scandinavie la danse orientale est présentée sur un très haut niveau artistique. Etape par étape les autres pays suivent.

-Quels sont vos projets pour l'avenir ?

Nos prochains projets – oui, avec quoi commencer ?

En bref :

- ICODAC’s Spectacle fin d’année le 1 - 3 juin 2007, deviendra un mini festival « Cairo Nights – les nuits du Caire » avec des stages et un spectacle professionnel, comme invités il y aura Khaled Mahmoud de Londres ( on l'appel aussi l’homme avec des hanches dorées (man with the golden hips)) et Rita Sherif, connue du festival Ya Salam 2006.

- La semaine intensive en danse orientale avec Hassan Afifi, Aladin El Kholy Gamal et Khaled Seif du 2- 8 Juillet 2007.

- La prochaine formation «  professeur danseuse orientale » avec Prof Dr Hassan Khalil commencera le 7-8 Juillet, il ne reste que quelques places.

- Ma prochaine aventure personnellement est surtout l’invitation pour le AHLAMY Festival fin Juillet à Singapore ou je danserais et enseignerais.

- En collaboration avec ISOC, le sérail international de la culture égyptienne, sous la direction du Prof Dr Hassan Khalil, on lancera une formation professionnelle continue Professeur danseuse orientale au Caire, premier module le 13 _ 20 octobre 2007.

- ICODAC AWARD, le concours de danse orientale égyptienne en Novembre, ouvre cette année, ses portes pour des jeunes danseuses talentueuses, il y aura 3 catégories, Juniors ( 14 – 17 ans), amateurs ( 18 ans et plus), professionnelles ( plus que 18 ans).

- Nouvelle formation professionnelle continue avec le Prof Dr Hassan Khalil «  devenir chorégraphe en danse orientale et du moyen orient » weekend d’information le 15 – 16 décembre.

- Une nouvelle production théâtrale avec la Compagnie Nour el Amar.

-Avez vous quelque chose à rajouter ?

J’aimerais remercier tous les professeurs et danseuses qui m’ont guidé vers la vrai danse orientale, l’ancien art de danse, et qui m’ont aidé à devenir une présentatrice et une artiste de cet art, - la danse orientale purement égyptienne, qui est la mère et l’origine de tous les styles de danse orientale.

Par Marâa
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